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Illustration/Bande dessinée Bac 2&3

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Kamishibai (5/2 - 19/3)

Le premier sujet de ce second quadri est un projet collectif de création d’un récit en image et de sa mise en scène dans l’esprit du kamishibaï.

Le kamishibaï, littéralement « théâtre de papier », fait son apparition dans les années 30 au Japon. Il s’agit de récits découpés en épisodes d’une quinzaine de plaques peintes, rassemblées dans un théâtre miniature et manipulées par un conteur ambulant. Ces spectacles de rue essentiellement destinés aux enfants attiraient chaque jour des dizaines de spectateurs, autour d’aventures de science fiction, de super-héro, de mélodrames ou de western. Parfois relai pour les informations, utilisé comme support de propagande, ou censuré car jugé trop subversif pour la jeunesse, en restant populaire jusque dans les années 50, on lit dans l’évolution du kamishibai les épisodes marquant du Japon de la première moitié du XXème siècle.

Le « butaï » dans lesquelles sont glissées les planches est souvent fait de bois et ressemble à un véritable petit castelet. Le conteur tirera les planches les unes après les autres au fil du récit. Le show comporte aussi parfois une dimension sonore, bruitages et/ou musique. Si les grandes lignes de l’histoire sont inscrites au dos de chaque plaque, c’est le conteur à grand renforts de voix et de bruitages et de multiples variations improvisées qui incarne le récit face au public.

  • Par groupe de 3 ou 4, nous vous demandons de penser un récit et de le dessiner en une série de planches muettes destinées à être montrées à un public. Vous pourrez adopter la forme classique ou penser à des versions plus contemporaines, pourvu que la dimension du son et du spectacle vivant soit conservée. 
  • Dans l’idéal, vos "kamishibai" seraient présentés aux portes ouvertes (29 et 30 mars).
  • Pour travailler la dimension sonore, nous aurons deux interventions de Sylvie Bouteiller, au début du projet, et lorsque vous serez plus avancés.
  • Concernant le récit : Vous allez vous inspirer de récits anciens, contes, fables, cosmogonies, mythes, récits fondateurs. Attention à garder plusieurs niveaux de lecture, et de produire quelque chose de riche au niveau du sens.
  • Concernant la suite d’images, nous en attendons une 40aine, pensez au rythme, chaque dessin n’a pas la même importance, mais chaque dessin est indispensable à la fluidité du récit, ils défileront tour à tour, mais sur des rythmes et des temps de présence différents. Nous vous demandons d’expérimenter autour d’une technique assez rapide qui produira une série homogène (même si dessiné à 6 ou 8 mains). Les images sont faites pour être vue de loin, pensez aux cadrages et à la lisibilité.
  • Le travail sera évalué sur la qualité du récit, son épaisseur, sa richesse. Sur le choix, la lisiblité et la qualité de la mise en image. Sur la qualité de la prestation orale et sonore, la mise en scène, le climat.

Psychanalyse des contes de fées, Gallimard,Bruno Bettelheim, extrait :

Pour qu’ils apportent leur maximum de réconfort, pour qu’ils prennent toute leur signification sympbolique, et, surtout, tout leur sens interpersonnel, il est préférable de raconter les contes de fées, au lieu de les lire à haute voix. SI on les lit, il faut le faire en accentuant l’émotion dégagée par l’histoire et suscitée chez l’enfant en essayant d’éprouver soi-même ce que l’histoire peut signifier pour lui. Le fait de les raconter permet une plus grande souplesse. J’ai dit plus haut que le conte de fées folklorique, contrairement aux autres contes inventés récemment, est le résultat d’une histoire qui a été remodelée sans cesse à force d’être racontée des millions de fois apr des adultes différents à d’autres adultes et à des enfants. Chaque narrateur, en racontant l’histoire, éliminait et ajoutait certains éléments pour rendre l’histoire plus significative pour lui-même et pour ses auditeurs qu’il connaissait bien. (…) Ainsi, la narrateur soumettait sa compréhension du message de l’histoire à l’influence de celle de l’enfant. Quand on raconte une histoire à un enfant, si on veut être efficace, il faut créer un évènement interpersonnel influencé par les participants.


ALLER VOIR :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_Aarne-Thompson
• Georges Méliès Cendrillon 1899
• Jean Cocteau La belle et la bête 1945
• Jacques Demy Peau d’Âne
• Ulysse, Gilgamesh, Alice, Les métamorphoses d’Ovides, contes allemands (Les frères Grimm), contes persans, danois (Andersen), russes (babayaga), anglais (tom pouce)...

Par Joanna, 4 février 2019