Exercice 1 : le transcript

Le transcript s’empare d’un film déjà réalisé, sa visibilité, son audibilité, pour en écrire le scénario, a posteriori. Il fait donc le chemin inverse de la production habituelle qui part de l’écriture du scénario pour s’accomplir dans le film. Si le scénario prépare le film, le transcript, en revanche, en reconstitue l’origine, le texte, le projet, en suivant les mêmes règles d’écriture.

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Objectif :

Confronter immédiatement l’écriture aux contraintes pratiques de la mise en images et en sons du récit : fuir la littérature et rendre les mots fonctionnels comme outils-à-faire-voir-et-entendre. Par delà cet aspect pratique, c’est aussi contre les moyens de la littérature que nous travaillons ici : son accès direct à l’intériorité ; son aisance à produire de la métaphore. Ce sont là 2 ennemis mortels de la dramaturgie, qui n’est qu’extériorité (ou extériorisation) et trivialité dans l’expression.

Contraintes :

L’exercice se déroule en 3 temps :
1° Un fragment de film est projeté muet plusieurs fois de suite.
2° Après 4 ou 5 projections successives, chacun commence le transcript de la scène.
3° Episodiquement, pendant cette phase d’écriture, le fragment est projeté à nouveau. A partir d’un certain moment, le son est diffusé avec les images pour être intégré au transcript, comme une couche qui le complète.

Le transcript doit respecter les 3 règles fondamentales suivantes :
1) Le découpage en scènes : chaque changement de lieu ou de temps donne lieu à un changement de scène.
2) La métrique scénaristique : une page de texte doit correspondre à une durée de 45 secondes à 1 minute de film.
3) L’écriture comportementale : tout ce qui est écrit doit être visible et audible, sans ambiguïté, sans besoin d’interprétation, sans intention psychologique ajoutée, avec la froideur de la captation des machines célibataires que sont la caméra et le micro. Pour éviter l’utilisation de la littérature et de la psychologie, il est utile de soumettre le texte à une double question : pour chaque chose écrite, se demander - A quoi ça se voit ? (« il attend », à quoi ça se voit ?) - A quoi ça s’entend ? (« il est nerveux » : à quoi ça s’entend ?).

Matériau fourni :

L’exercice sera réalisé collectivement sur un court plan de Clockers de Spike Lee, 1995.

Il sera ensuite réalisé 3 fois de suite sur 2 extraits de films et un extrait de bande dessinée.
Un film : 1’22’’ extrait de Fargo, de Joel et Ethan Coen de 1996.
Une animation : 1’16’’ extrait de Peur(s) du noir, film collectif de 2007. La séquence montrée est de Richard McGuire.
Sur un matériau différent, la bande dessinée : 2 planches de Blankets, bande dessinée de Craig Thompson de 2003 (pages entre 314 à 317).

Matériau produit :

3 textes manuscrits d’une longueur de 1 à 2 pages chaque fois.

Durée de l’exécution de l’exercice :

1 séance d’atelier