Exercice 6 - partie 3 : exploitation du conflit

Le conflit, en dramaturgie, est le résultat d’un obstacle qui se dresse sur le chemin du protagoniste dans sa tension vers l’objet. Il est le muscle du récit, articule personnages, relations et situations. Réussi, son traitement fait ressentir une grande variété d’émotions et permet de saisir un "propos" par la trame qui relie conflits et obstacles entre eux. Raté, il n’est qu’une péripétie sans queue ni tête.

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Du film d’auteur au film d’arts martiaux en passant par la comédie romantique, le spectre du traitement du conflit est très large. Il se se déploie par les dialogues, les attitudes, les actions et s’arme de fracas aussi bien que de silence. Il est garant d’une bonne part de l’intensité du récit, par l’inconfort dans lequel il plonge le protagoniste et avec lui le spectateur/lecteur.

Les conflits se relaient dans un récit autour d’objectifs locaux, points de passages obligatoires ou secondaires dans la trajectoire vers l’objectif. Ils peuvent être bas en intensité, mais leur issue est nécessairement incertaine.

Objectif

A l’intérieur de la narration développée jusqu’ici, sélectionnez deux passages et déployer les scènes correspondantes dans un medium choisi.

Déroulement

La narration que vous allez mettre en place n’est PAS l’entièreté de l’histoire, mais une de ses parties. Il s’articule autour d’un objectif local. Convaincre un ami de rester manger à la maison, faire un tour de magie devant une assistance indifférente, battre en duel un ennemi plus fort, les occasions ne manquent pas.
Nommez l’objectif global de votre histoire et l’objectif local de la scène. Il est souvent intéressant d’identifier la correspondance qu’il existe entre les deux. Votre sujet veut faire triompher la vérité, mais va devoir mentir ? Il veut séduire quelqu’un(e) mais doit repousser quelqu’un d’autre ? Le conflit devra tenir compte de cette articulation.

La production de cet exercice est intimement liée au medium choisi : la vidéo, l’illustration et la bande dessinée ne vont pas donner droit aux mêmes traitement. Soyez donc inventif.
Rendez palpable l’enjeu du récit par une forme ramassée d’exposition, suivie d’une exploitation riche et en plusieurs temps du conflit. Il doit être possible d’identifier les développements de celui-ci : il s’avance - il hésite - elle s’éloigne - il se lance - elle détourne la tête - il renonce.
La scène se finit par une forme de résolution, qui valide ou invalide l’obtention de l’objectif.

On gardera en tête que :
- Le conflit est une épreuve dans l’accès à l’objectif
- Le conflit est structuré comme l’ensemble du récit : il possède une analogue. d’exposition, un développement et une résolution.
- Le conflit est lié à la thématique et à l’objectif immatériel.
- Le conflit est lié aux caractères des protagonistes.
- Le conflit permet de réaffirmer la volonté du protagoniste dans sa trajectoire vers l’objet.
- Le conflit a une conséquence sur la suite du récit : affaiblissement ou renforcement du protagoniste, affaiblissement ou renforcement des opposants, apparition d’un nouvel objectif local, etc.
- Le conflit peut se clôturer par l’échec du protagoniste.

Résultat
Deux scènes développées du récit dans le medium de votre choix, aussi abouties que possible.

Documents potentiellement projetés

Un extrait de le bon, la brute et le truand de Sergio Leone, 1966
Un extrait de Alice dans les villes de Wim Wenders, 1974
Un extrait de War Games de John Badham, 1983.
Un extrait de Me, you and everyone we know de Miranda July, 2005.
Une extrait de V pour Vendetta, James Mc Teigue, 2006.
Un extrait de De l’or pour les braves de Brian G. Hutton, 1970.
La scène du gâteau de Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, 1984
Un extrait de Le lauréat, de Mike Nichols, 1967.
Le extrait de L’homme qui marche de Jiiro Taniguchi, 1995