Le master en graphisme est la proposition de réfléchir ensemble aux moyens d’être un acteur essentiel impliqué dans la conception et la création de projets artistiques et communicationnels. Poser le graphisme comme une plus-value ajoutée dans un domaine.
Mettre en question les processus et formes habituels à la communication graphique. Devancer la commande pour stimuler le sens de l’entreprise. Développer un nouvel objet graphique, prétexte à des expériences, à des interactions en association avec d’autres disciplines.

Un cours fondé sur l’échange, la transposition, le multiple. Des rencontres comme impulsions pour des propositions de design graphique. Se laisser imprégner, envisager de multiples relations et possibilités. Le travail consiste alors soit à communiquer l’univers rencontré (en proposant une organisation visuelle, une hiérarchisation des données, des mises en formes…), à relayer les idées par les formes les plus appropriées, soit à proposer un point de vue sur une problématique posée dans une autre discipline (ex. une maison de famille analysée comme le ferait un éthologue), soit à transposer une méthode rencontrée dans sa propre pratique et ainsi enrichir sa réflexion (ex. la boxe abordée par son aspect chorégraphique; une proposition de sets de table, issue d’une réflexion sur la mémoire d’un objet…)

Que ce soit en relais visuel des idées (Idea translation lab avec Harvard au laboratoire de Paris, 2009-2010), en proposition de livre à des artistes plasticiens (2008, 2009, 2010), en médiation de concepts (lecture de D.Innerarity, 2009), en identité visuelle comme état des lieux (médiathèque de la Communauté française, en collaboration avec un autre créatif (à partir de «Lolita» de Nabokov pour M-A DeMey, 2005)… Il s’agit d’établir des relations significatives, de développer une rhétorique visuelle.
Vers un graphisme autant artistique que communicationnel, un graphisme où la forme révèle le contenu.

Dans cet atelier, plusieurs propositions sont envisagées sur l’année, suffisamment ouvertes pour permettre l’appropriation et le développement d’un projet personnel.
L’image est abordée sous son aspect documentaire, illustratif, en tant que signe et/ou élément déterminant dans la communication.
Le texte est travaillé d’un point de vue rédactionnel, une question de sens et, par la typographie, une question de forme.

L’objet au centre du cours est le livre et ses dérivés, son devenir (supports informatiques). Super outil pédagogique de développement d’une thématique et de production de multiples. L’élaborer, rassembler, cataloguer et organiser son contenu, c’est aussi une méthode pour explorer et comprendre un propos. En graphisme, le livre est envisagé en tant qu’objet; on y travaille un concept de livre, tout proje à développement en plusieurs pages ou parties.
Autre moyen utilisé, les projections, qui permettent d’investir l’espace (images, animations…).
Les réalisations peuvent être de tout ordre. De nouveaux objets graphiques pour des domaines en évolution où des formes sont à inventer ou à ré-inventer.

Françoise Tahon, août 2010