Narration parasismique

Pourrait-on produire une forme de narration parasismique ? Le parasismique c’est un mode de construction qui se veut résilient, et qui permet de résister ou de diminuer les effets d’un séisme dans une ville : étude de la qualité du sol, qualité de la construction, surveillance de la construction dans le temps, mais surtout multiplication des assises, utilisation de matériaux souples, souplesse de la structure…

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Notez que l’architecture parasismique est ancienne, très ancienne et a été expérimentée partout dans la monde (Japon, des temples qui datent du 6e siècle, Jordanie (3000 ans), temples chinois qui ont 1000 ans, Inde…)
Notez que la moitié des mégalopoles (+ de 10 millions d’habitant.e.s) (15aine sur une trentaine sont construite sur des zones à risque sismique.

À partir de là, nous aimerions vous proposer de composer une réponse collective, parasismique à « qu’est-ce qui nous arrive ? ».
Réponse collective, ne veut pas dire « tout le monde se met d’accord » pour une réponse unifiée, il faudrait ôter beaucoup d’aspérités à ce que auriez à dire. Disons plutôt réponse chorale, un choeur de réponse, peut être harmonieux, peut-être dissonant, mais accepter que le réponse sera plurielle, et plus affectante on l’espère qu’une réponse globale.
Je ne crois pas et je ne voudrais pas vous imposer une telle pression à produire là, maintenant des contre-récits, des récits révolutionnaires, de tout intégrer, tout comprendre en l’espace de quelques mois. Composer un monde ça ne se décrète pas.
On va faire preuve d’humilité, de perméabilité, on va juste essayer de se mettre à l’écoute, essayer de se mettre au contact des autres mondes, des autres tout simplement.

Quelqu’un.e connaît ou a une expérience des ZAD ? (zones à défendre), parce que ce sont des lieux par exemple qui tentent de nouvelles organisations collectives dans lesquelles la vie est possible sous d’autres types de contraintes, et ces tentatives activent des penseurs et des penseuses. Les choses sont là elles existent, elles se construisent, et ces petits changements ont une fonction d’exemplarité : les choses changent si des façons d’agir exemplaires sont mieux connues.

Quelles formes pour ces récits ? Elles sont libres. La liberté ce n’est pas toujours un cadeau, mais nous allons y travailler ensemble.

Nous allons commencer avec un arpentage avec un texte d’Ailton Krenak qui peut nous servir de balise, ou pas, puis vous allez pouvoir réfléchir à quelque chose dont vous aimeriez témoigner à propos de l’état du monde, de notre état. Qui est-ce nous ? À vous d’y réfléchir. (un corps humain abrite divers micro organismes, levures, virus, et jusqu’à 100 000 millions de bactéries - pas loin de 5 kg… un véritable écosystème).

Nous prendrons un moment pour partager vos propositions, vous pourrez éventuellement vous associer, croiser des récits, trouver une forme qui les fait dialoguer…
Puis nous procéderons assez vite à un relevé, qui fait quoi comment et trouvons collectivement une forme qui pourra accueillir toutes les réponses. (Une boite ? Un fanzine ? Un accrochage collectif ? Une page web ? Un diaporama ?)

Nous nous donnons jusqu’au congé de Toussaint.