Exercice 3 : analyse du schéma d’un récit

Pour anticiper le 4eme exercice de cette année, cet exercice permet d’aiguiser votre regard dramaturgique sur un film spécifique. Reconnaitre sa structure actantielle est un bon moyen pour détecter la richesse de la structure, et quelques unes des mécaniques à l’oeuvre dans un récit.

Définition

Le schéma actantiel est un outil dramaturgique puissant et très rudimentaire permettant de construire une histoire en prenant appui sur les relations entre les personnages. Par sa simplicité, le schéma actantiel simple a une grande souplesse combinatoire, lui permettant des croisements avec d’autres schémas actantiels de façon à élaborer des réseaux de relations qui deviendront rapidement très sophistiqués.

Il s’agit de placer tout intervenant d’un récit, humain ou non-humain, dans un des 6 pôles du schéma, qui est une représentation de l’ensemble du récit, dans toute sa durée donc.

But de l’exercice

Remplir le document en deux pages fourni, en étant le plus précis possible sur les actants du récit "Three Billboards Outside Ebbing, Missouri" de Martin McDonagh, 2017.
Conformément à ce qui suit, il s’agit d’être précis : un adjuvant en est un parce qu’il aide concrètement, dans un acte identifiable, le sujet. Il en est de même pour l’opposant. On notera donc l’ensemble de ces actes.

A quoi correspondent les pôles d’actants

Le sujet : le protagoniste principal du récit. La plupart du temps, un personnage unique, parfois multiple.
L’objet : ce que veut obtenir le protagoniste, ce qui motive son activité au cours du récit. Cet objet a un aspect matériel, quelque chose qui est obtenu (le trésor en est une des figure les plus reconnaissable) mais peut être une victoire, l’amour d’une personne désirée, etc. Cet objet a aussi un pendant immatériel, comme la reconnaissance, la paix, etc.
Cet objectif principal est souvent accompagné d’objectif locaux, à plus court termes, au long du récit : une voiture, un lieu pour dormir, battre tel opposant, etc.
Les adjuvants : ils sont ceux qui aide le sujet à obtenir l’objet, par des actes concret. Les adjuvants peuvent être des humains, mais aussi des objets (une rivière qui s’interpose entre le sujet et ses ennemis, le brouillard qui empêche une poursuite, etc. Ils peuvent aussi être interne : le désespoir qui pousse le sujet à se jeter dans le vide peut être considéré comme un adjuvant.
Les opposants : ils sont ceux qui s’interposent et veulent briser l’axe sujet-objet. Là aussi, ils sont humains et non-humains.
Le destinateur : il est celui qui met en rapport Sujet et Objet, le commanditaire de la quête, en somme. Le plus souvent, il est externe, pour plus de facilité scénaristique, pour que le plot soit énoncé.
Le destinataire : celui à qui est destiné l’objet, qui donne une finalité à la quête. On trouve dans ce pôle bien souvent le sujet à nouveau, mais une quête est plus belle et plus signifiante si elle est à destination d’un tiers. Une communauté, un groupe, un tiers.

Il faut se rappeler que l’objectif peut ne pas être atteint, et le récit se terminer partiellement sur un échec. Parfois l’objectif matériel est atteint mais l’objectif immatériel, parfois c’est l’invers, parfois aucun des deux n’est atteint. En ça se lit l’intention de l’auteur.

Trahison, conversion et faute

Trahison : une trahison est un acte posé par un adjuvant, qui se révèle être une obstruction volontaire dans le chemin du sujet vers l’objectif. Si l’adjuvant nuit sans en avoir eu l’intention, on dit alors qu’il commet une faute.
Conversion : se dit d’un opposant qui aide le sujet à se rapprocher de son objet. Là aussi, si l’aide est produite sans intention, c’est une faute.

Un texte sur le schéma, sur ce site :
Un texte sur le schéma actantiel