La structure dramatique concentrée

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1° Le manque d’articulations ou l’imprécision de leur mise en place.

Particulièrement autour des déclenchements (plots 1 & 2), de la progression dramatique (augmentation des conflits) et du climax (sommet dramatique), on rencontre des problèmes régulièrement : le plot 1, placé trop tôt prive le récit d’un temps précieux pour se mettre en place ; placé trop tard, c’est l’espace de progression dramatique qui se réduit ; le climax, en tant que pointe extrême sans retour possible, s’il est absent rend insensible la libération que constitue le plot 2. Bref, respecter chaque articulation rend possible les autres moments dramatiques. Les négliger menace l’équilibre général d’une structure concentrée qui, par nature, est équilibrée…

2° Le manque d’exploitation de l’ensemble des articulations dramatiques

Complémentaire du 1er problème, mais plus facile à déceler, certains travaux manquent purement et simplement d’articulations faisant perdre le contact avec la progression de l’histoire : une structure sans plot rend l’objectif difficilement sensible, une histoire sans 3ème acte, laisse suspendue son issue, toutes choses qui s’opposent à la nature même de la structure dramatique concentrée.

3° L’oubli de points d’articulations lors du passage au papier

Il n’est pas rare de constater que par facilité, ou pour rendre l’exercice dans les temps, des points présents dans la structure affichée au mur sautent lors de l’écriture. Ceci est généralement dû la une difficulté de leur donner une cohérence dans le récit tel qu’il s’est finalisé. Dans ce cas, donnez de ces points une autre interprétation, ou modifiez les sur la structure. Car ceci a pour effet de vider le récit de points d’articulation parfois majeurs, là où les faire rentrer au chausse-pied dans le récit vous force à faire des trouvailles narratives et introduit une fantaisie bien nécessaire à ce travail axé sur la structure.

4° Le masquage ou l’affirmation trop explicite des articulations dans le synopsis.

Certains étudiants, lors de la rédaction de leur synopsis, perdent la précision et l’enjeu des scènes qu’ils rédigent. De ce fait, on ne perçoit plus les articulations dans cette version écrite de l’histoire, et la confusion s’installe. Pour y faire pièce, certains autres énoncent, au début de chaque scène sa fonction (scène 6 : le plot) ce qui leur permet de faire l’économie de faire ressentir cette fonction par la scène elle-même. On est ici donc sur les 2 versants de la même erreur, qui veut que l’on produise une scène sans que son rôle soit sensible par la lecture des faits et gestes des personnages engagés.

5° La disparition du protagoniste dans le déroulement de l’histoire

Il arrive régulièrement que devant la prolifération des personnages et des intrigues qui les accompagnent, on perde la trace du protagoniste de l’histoire qui, ne l’oublions pas, joue le rôle de guide dans une structure dramatique qui lui fait face, sans prendre sa place…

6° Un pitch qui ne joue pas son rôle

Le coup de force du pitch est de faire le tour de l’histoire en 3 lignes : si il reste dans le flou d’un énoncé sans noms, sans objectifs, sans articulations ou ne parle que du 1er acte, le pitch cesse de jouer son rôle de guide narratif.