La chaîne de causalité

Erreurs les plus courantes.

Précédent | 11/13 | Suivant

1° La rupture dans la chaîne de causalité

On découvre parfois une absence de lien pur et simple entre un événement/une image et celui/celle qui précède. On ne perçoit ici donc aucun rapport entre les choses. C’est l’erreur la plus visible. Il est donc important de vérifier que ce qui relie une chose à une autre a non seulement été conçue sur le mode du « parce que » (qui remonte des effets aux causes), mais résiste à la lecture inverse, sur le mode du « donc » (qui passe des causes aux conséquences). Cette erreur, statistiquement, se situe le plus souvent vers le milieu de la chaîne, quand les premiers signes de lassitude se font sentir…

2° Les liaisons erronées

Plus subtile que la précédente, certaines liaisons existent bel et bien, mais sur un mode qui n’est pas directement causal. Si l’on énonce ces 2 événements « Les Etats-Unis veulent importer du caviar » et « L’URSS a organisé un blocus des échanges avec l’Amérique depuis des années », leur mode de relation n’est pas « parce que/donc ». Il s’agit d’une relation du type « mais », ou « or », car ce n’est pas parce que les Etats-Unis font, que les Russes font cela. En effet, il est peu probable que cette histoire de caviar ait de telles conséquences sur les relations entre les 2 plus grandes puissances mondiale…

3° L’inconsistance des histoires secondaires

On remarque souvent une négligence de la partie consacrée aux histoires secondaires. Trop peu présentes ou trop peu développées, elles manquent du poids nécessaire pour contrebalancer la linéarité forcée de l’histoire principale. A remarquer que la plupart des étudiants qui produisent des histoires secondaires faibles, sont aussi des étudiants qui ont une boîte à images pauvre. Pure coïncidence ?

4° Inconsistance du protagoniste

Devant le foisonnement des événements, certaines chaînes de causalité oublient de conserver une relation au protagoniste de l’histoire, également rendu flou, dans certains cas, par son anonymat. N’oubliez donc pas de le laisser au centre de votre histoire, et de lui donner un nom.

5° L’histoire "relai"

Certaines chaines poussent l’inconsistance du protagoniste jusqu’à l’oublier : on se trouve face à une histoire en relai, dans laquelle une série constituée de segment certes causals, mais dont chaque panneau est une entité fermée : "Une méteorite tombe", donc "Jonah s’enfuit", donc "Il y a des bouchons partout", donc "la police intervient", etc.

6° Inconsistance de l’objectif

On produit de la causalité, mais on oublie que l’on raconte une histoire, avec protagoniste et objectif. Liée au point précédent, cette erreur est due à une absence de recul face à la mécanique produite par l’exercice. L’objectif doit sous-tendre les actions, même les plus farfelues. Si pour jouer avec les images il faut, un temps, oublier la relation sujet/objet, et se laisser déborder par la fantaisie des images et des relations arbitraires qu’elles suscitent, la fin de la séance doit s’attacher à dégager la cohérence des actions, et les ajuster au besoin. Ceci permet de positionner tout le reste des actants de votre récit, comme on l’a déjà dit à de multiples reprises.

7° Les énoncés au passé

La dramaturgie est un art qui s’énonce au présent. Evitez donc l’imparfait, le passé simple, le passé composé, temps qui ne sont propres qu’à l’écriture littéraire.

8° Les utilisations appuyées du « parce que »

N’oubliez pas que vous énoncerez votre histoire sur le mode du parce que, en remontant aux causes depuis les effets. En revanche, lors de la correction, nous lirons votre histoire en commençant par le début, sur le mode du « donc ». De ce fait, évitez d’écrire les « parce que » au début de chaque scène. Notez la situation, l’action. Les liaisons se feront d’elles-mêmes d’une scène à l’autre.

9° L’action minimale

La chaine est ici respectée, mais coupée en actions si minimales que le récit devient insignifiant. "Il tourne la poignée" - "la porte s’ouvre" - "il entre". Un tiers du récit demandé vient de passer dans une action sans le moindre intéret. Rendre les actions signifiantes, c’est donner un sens au récit, aussi abracadabrant soit-il.